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Comment ont réagi les Indiens devant cette colonisation ? En général, ils n'ont rien su y faire, de même que ce qui s'était produit avec les tribus de l'est. Les Indiens ne comprennent pas le monde des blancs. Entre eux, il y avait un équilibre constant d'alliances ou de rebellions et de relations commerciales (Lakotas avec Cheyennes, Crows avec Shoshones et Arikaras). Ce que les indiens valoraient le plus, cétait le guerrier courageux qui sans arme, touchait l'ennemi armé. Tasunka Wikto était un grand guerrier qui a attaqué seul un groupe de 16 guerriers Shoshone, les a touché avec sa hache, un par un, tandis que les Shoshone essayaient de le tuer. Tasunka Wikto est sorti indemne, après les avoir touchés tous, et est retourné à maison.
Evidemment, des gens qui évaluaient plus le décès et lintrépidité face à l'ennemi, avaient une façon très différente de comprendre le monde face au pragmatisme des blancs et, par conséquent, les Indiens ne pouvaient pas comprendre quels étaient leurs intérêts. Soulignons un fait fréquent dans l'histoire des Etats-Unis : les Indiens ont toujours aidé les blancs désemparés. Pour eux, il était normal de s'occuper des voyageurs, sans qu'ils puissent imaginer ce qui arriverait ensuite.
Les Indiens ne pouvaient pas imaginer que leur équilibre se casserait. De fait, ils ont suivi avec leurs manières de vivre, et ce sont les français, anglais et américains, ceux qui ont cherché l'alliance avec l'une ou l'autre tribu. Ainsi les Américains se sont alliés avec les Crow et les français avec les Lakota et Cheyenne. Les Crow ont eu "un homme puissant en médecine" qui a eu une vision et qui, selon eux, leur a conseillé de ne pas faire la guerre aux blancs. Il est certain qu'il n'y a jamais eu de bataille entre l'armée américaine et les Crow. Or, il est aussi certain qu'ils ont attaqué des commerçants français établis en territoire Lakota. En même temps, ceux-ci avaient comme seconde langue le français, jusqu'à à moitié du 19ème siècle. Un dernier détail confirme que les Indiens suivaient leurs schémas d'alliances, même quand les américains dominaient déjà le territoire : sur son chemin vers la reddition, Tasunka Wikto a demandé le droit daller à la chasse, après les derniers troupeaux de bisons. Les Américains, en échange, lui ont demandé son aide pour capturer aux Nez Perce fugitifs. La réponse de Tasunka Wikto a été ferme et mal traduite : "je tuerai à tous les Nez Perce jusqu'à ce quil nen reste plus un seul" (le traducteur a dit des "blancs" au lieu de Nez Perce, ce qui a été considéré comme une déclaration d'hostilité, et, le jour suivant, il était déjà mort).
Malgré tout, plusieurs importantes confrontations se sont produites, les mal appellées "guerres des Indiens". Nous avons déjà commenté, que les Crow n'ont jamais combattu les Américains, justifié par la vision d'un de ses "hommes médecine". Ceci les a fait "scouts" pour l'armée américaine à diverses occasions. Ce fait ne doit pas être évalué comme une reddition, mais comme une stratégie. L'armée faisait face aux Lakota et Cheyenne, les ennemis des Crow. Il n'était pas mauvais d'aider à éliminer les ennemis de toute la vie et, à la fois, à avoir de bonnes relations avec l'armée américaine. La tâche des "scouts" se limitait à guider, et non à prendre part aux batailles. Par exemple, à Little Big Horn, tous les "scouts" de Custer ont survécu, parce que le commandant Custer leur a donné lautorisation de sen aller, une fois quils les avaient déjà guidés au campement Lakota, Cheyenne et Arapahoe. Beaucoup d'autres tribus ont joué le rôle de "scouts" et, même, le mythique Tasunka Wikto était disposé à le faire, sils lui permettaient ainsi de chasser et de combattre, en éliminant en outre quelques-uns de ses ennemis.
D'un point de vue militaire, on peut affirmé qu'il y a eu trois grands événements dans la conquête de lOuest : la bataille de Little Big Horn, et les exodes des Cheyennes et des Nez Perce. Celui qui a eu davantage d'importance concerne la bataille de Little Big Horn (1878). Il est nécessaire de mentionner qu'il y a un grand nombre de réserves qui considèrent actuellement le 25 juin comme jour de fête, quand Custer et ses hommes sont tombés aux mains de la coalition guidée par Tatanka Ayatanka comme chef spirituel et politique, et Tasunka Wikto comme chef militaire. Toutes les limitations et erreurs de l'armée américaine ont été mises en évidence dans cette défaite tragique. Mais c'est aussi un exposé triste de la situation des Indiens : ils gagnaient les batailles, mais leur monde, sans bisons et avec une abondance de colons qui sétaient installés ou passaient par leurs terres, ne fonctionnait déjà pas. Une année après Little Big Horn, les gagnants se rendaient à l'armée américaine.
Les autres deux grands événements ont eu lieu en 1879 et 1881. Les Nez Perce et Cheyennes, pour des motifs semblables, s'enfuirent des réserves quon leur avait assignées et essayèrent d'arriver aux territoires non occupés par les blancs. Dans les deux cas, malgré des actes héroïques, ils sont capturés et mis en échec. Ils obtinrent quelques améliorations de leur situation dans les réserves, mais ne pouvaient pas en sortir pour de chasser les bisons. Les Nez Perce ont décidé de s'enfuir de la réserve avant d'être transférés à une autre. Ils étaient dans la partie ouest des Rocheuses, entre les états actuels de lIdaho et de l'Oregón. Un groupe de quelque 400 Nez Perce (nous soulignons leur faible nombre, devant la démographie des blancs), avec des femmes, des personnes, enfants et quelques guerriers, ont évité les troupes de l'armée et sont parvenus à passer les Rocheuses. Par le versant est de la cordillère, larmée américaine a suivi leur fuite, avec des luttes constantes, dans lesquelles les guerriers indiens, aux ordres de leur chef Joseph, faisaient en sorte que le reste du groupe s'enfuie, tandis qu'ils défendaient larrière. Quand ils étaient tout près de la frontière avec le Canada (où ils souhaitaient sabrités), ils ont été entourés et ont été reconduits à leur réserve en Idaho. Cest à ce moment que le chef Joseph a prononcé la phrase célèbre : "Je ne combattrai plus jamais", qui a été généralement mal interprétée comme un symbole de son pacifisme. Il s'agit plutôt d'une déclaration d'impuissance devant un nouveau système de vie dans lequel ils ont été obligés d'entrer.
Les Cheyennes, ont souffert des représailles par leur participation active à la bataille de Little Big Horn, et ont été envoyés dans une réserve que lon appelait alors "territoire indien" : Oklahoma (qui a cessée de l'être quand on a découvert qu'il y avait du pétrole, à la fin du 19ème siècle). Au bout de quelques années, en 1881, leur situation était invivable, et beaucoup dentre eux, suivant les ordres de leur chef Dull Knife, ont entamé le retour vers leurs terres, où ils souhaitaient sétablir à nouveau. Il s'agissait d'un groupe semblable à celui des Nez Perce, et qui de la même manière, sont parvenu à éviter l'armée américaine. Ils ont été faits prisonniers au Kansas, mais grâce au sacrifice de quelques guerriers, ils sont parvenus à senfuir et à poursuivre leur chemin jusqu'à ce que, épuisés, ils aient été obligés de se rendre. De toute manière, ils ont atteint leur objectif, parce qu'on leur a accordé une réserve dans l'actuel état de Montana (bien qu'ils étaient situés à côté de celle de leurs ennemis les Crow !).
Ce qu'il est important souligner de ces trois cas, cest que les confrontations se produisent quand il n'y a pas d'autre remède, forcés par la pression indéfendable de la "frontière". Les Indiens ont fait preuves de véritables actes d'héroïcité et de résistance inutile, puisque leur environnement a changé de manière radicale. En général, ils se trouvent dans une situation de faiblesse par les maladies, et beaucoup de tribus n'ont pas le courage de combattre. Leur système de vie ancestrale arrivait à sa fin et ils ne se sont pas rendus compte de cela jusqu'à ce qu'il ne leur reste déjà plus rien. Le monde magique des Indiens était irrémédiablement condamné disparaître.
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